La grosse critique

Ce mois-ci, j'ai demandé à Boris Faure que j'ai rencontré récemment sur Facebook de partager sa critique littéraire.

Fan, je dois dire de sa plume et de son franc-parler, il était évident pour moi qu'il soit présent dans cette rubrique ! 

Les choses humaines 
                        Karine Tuil

 

                                             « Devoré par ce livre »

 

« Les choses humaines » a pris possession de moi pendant 48h. Je ne l’ai plus lâché jusqu’à la fin. Ce récit du viol d’une jeune juive orthodoxe par un enfant de la haute bourgeoisie parisienne est le roman de notre époque. Il m’a littéralement mangé le cerveau : la mécanique du procès est décortiquée : le Point de vue de la victime et de l’accusé sont mis dos à dos, dans une maïeutique littéraire qui montre la difficile prise en compte de la parole de la jeune femme mais aussi les ressorts multiples qui amènent le jeune étudiant de Stanford à qui tout réussi à commettre l’irréparable. La question du consentement de la victime est posée, le jeune homme qui s’en prend à elle n’a rien d’un monstre, le verdict est aussi « gris ». 

En toile de fond les logiques de domination masculine et la reproduction sociale chez les puissants, les réseaux sociaux et leur logique de lynchage, les manipulations dans les sphères politiques et médiatiques - le père de l’accusé est un très célèbre présentateur télé sur le déclin -

 C’est un livre « mainstream » dans le sens où certains des personnages sont stéréotypés, comme la figure du père, animateur narcissique d’émission télé. Mais cela se lit en 4h et cela pose en réalité pas mal de question sur le système tel qu’il fonctionne. 

Les plaidoiries des avocats qui cherchent la déstabilisation de la partie adverse et la présidente de la cour d’assise expérimentée et droite dans ses bottes restituent le professionnalisme, les choix éthiques sur le fil du rasoir pendant la grande comédie humaine du procès qui est le point d’orgue du livre.

Karine Tuil nous offre avec son onzième roman des pages « humaines, trop humaines » pour bousculer le lecteur et l’amener à réfléchir sur les déviances de notre époque et les violences qu’elle engendre.

                                                                                                                                                                                                                 Boris Faure

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